La photographie ne consiste pas seulement à prendre de belles images. Elle permet de préserver les souvenirs, de documenter la vie quotidienne et de raconter les histoires de sa communauté à sa manière.
En Côte d’Ivoire, Africa Foto Fair offre une plus grande visibilité aux photographes d’Afrique et d’ailleurs. Fondé par la photographe éthiopienne Aïda Muluneh, le festival propose au public local des expositions, des activités éducatives et des événements ouverts à tous.

Une scène pour les regards africains
Le festival aide les photographes africains à présenter leurs propres expériences, afin que le continent soit aussi vu à travers leurs regards, plutôt que principalement à travers des perspectives extérieures.
Son édition de 2024 à Abobo, à Abidjan, a accueilli 67 photographes venus de 31 pays. Selon The Guardian, la fréquentation a atteint 11 810 personnes, soit une hausse de 47 % par rapport à l’édition précédente.
Le programme allait au-delà des expositions. Il comprenait des ateliers de photographie pour les enfants, des séances d’évaluation de portfolios pour les artistes émergents, des activités d’alphabétisation et des dépistages de santé au sein de la communauté.
Rapprocher l’art de la communauté
En 2025, la quatrième édition d’Africa Foto Fair s’est étendue à Grand-Bassam, une ville de Côte d’Ivoire inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Le programme réunissait plus de 70 artistes et proposait des conférences, des ateliers, des projections de films et des activités pour les jeunes. Des photographes ivoiriens émergents ont également pu exposer leurs œuvres aux côtés d’artistes internationaux reconnus.
En organisant des activités dans des espaces publics et culturels accessibles, le festival permet de découvrir la photographie à des personnes qui ne fréquentent pas forcément les galeries traditionnelles.
Développer les compétences et ouvrir des perspectives
Africa Foto Fair ne se contente pas de mettre à l’honneur des œuvres photographiques. Le festival aide les jeunes créatifs à apprendre, à rencontrer des professionnels expérimentés et à comprendre comment leur talent artistique peut devenir un métier.
Les séances d’évaluation de portfolios et les ateliers apportent des conseils pratiques aux photographes émergents. Les expositions leur permettent de toucher de nouveaux publics, tandis que les collaborations avec d’autres artistes peuvent ouvrir de nouvelles perspectives.
Le festival renforce également la réputation grandissante de la Côte d’Ivoire comme pôle de l’art et de la créativité en Afrique.
Des Africains racontent les histoires de l’Afrique
L’essentiel de cette initiative est de permettre aux photographes africains de raconter eux-mêmes leurs histoires. Ils documentent leurs propres familles, leurs quartiers, leurs cultures et les transformations de leurs sociétés.
Leurs images montrent que l’Afrique ne se résume pas à une seule histoire. C’est un continent riche d’expériences, d’identités et de voix créatives variées.
En aidant les photographes à maîtriser la manière dont leurs communautés sont représentées, Africa Foto Fair renforce leur confiance et leur ouvre des perspectives artistiques.
Voilà un progrès concret : des Africains qui utilisent leur créativité pour raconter leurs propres histoires et permettre au monde de découvrir le continent à travers leurs yeux.
Des personnes authentiques. De vrais progrès. La vraie Afrique.
Sources : The Guardian, 17 décembre 2024 ; PhotoVogue, 28 novembre 2025.

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